Signé Mathilde !

Signé Mathilde !

Signé Mathilde ! Deux mots-clés qui donnent le ton tout au long de cette histoire. Les péripéties s’enchaînent.les unes après les autres. Une myriade d’événements et de saynètes musicales vont bousculer chacun des personnages de ce roman, Annie, Gaufrette, Typhon, Marx et Bnf, Andy et Warhol, Luc, Federico, Gilbert, Crincrin, Simon le toubib et Léontine ! C’est pas un nom de chien !
Ferté, Thibert de la Ferté, avocat, doté d’un égotisme total et secrètement amoureux de sa boss, Clotilde Andrieu, l’unique héritière de ce bâtiment.
C’est une tradition dans l’immeuble. Tout le monde offre un petit cadeau aux autres locataires. Jamais rien de coûteux ou de trop démonstratif mais une gentille attention, une façon de dire que leur communauté de pensée se joue des exclusions qui fleurissent ces derniers temps.

Signé Mathilde !

 

Comme tous les ans, Mathilde offre le plus beau de ses cadeaux à Federico et le bel italien lui renvoie invariablement l’ascenseur. Les paris vont bon train sur une union possible mais ils ne sont pas encore remontés à leurs oreilles.
Mathilde alias Bibiche pour les intimes est d’un tempérament réservé, voire carrément timide, et ne fait rien pour que ça change. Trente ans, cuistot dans le meilleur restaurant de la ville, elle est amoureuse de Federico mais n’aura jamais le courage de faire le premier pas. Mais ça, c’était avant que Jocelyne, septuagénaire excentrique et propriétaire du petit immeuble où elle habite, recueille deux jeunes migrants, Issa et Pape. Et là, tout part en vrille. De quiproquos en coups du sort, Mathilde va se transformer en véritable tornade, enchaîner catastrophe sur catastrophe, pour devenir à son insu le bras armé de Cupidon.
Peut-on changer de vie en une seule nuit ? Avec Mathilde, tout est possible.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les prédateurs

Les prédateurs

Les prédateurs, ( The Hunger, la faim, en anglais ) premier film de Tony Scott, sort sur les écrans en 1983.

Quatre ans après le phénoménal « Alien », réalisé par son frère Ridley.

Si ce dernier est un film de pure science-fiction, Les prédateurs se frotte au vampirisme dans le New York contemporain. Il voit la rencontre de deux monstres sacrés : Catherine Deneuve et David Bowie, au sommet de leur gloire respective. Le film rencontre un assez bon succès commercial et critique (Festival de Cannes) et assied définitivement le statut de David, l’acteur. Le film est tiré du roman éponyme de Whitley Strieber. Auteur fort intéressant au demeurant.

La musique est supervisée par Michel Rubini, compositeur et pianiste de formation classique, qui a réalisé quelques autres bandes originales de film (Manhunter de Michael Mann en 86) C’est aussi un musicien qui vient du célèbre label musical Motown, il a travaillé avec Sinatra, excusez du peu…

C’est une très belle musique d’inspiration classique avec des passages tristes et romantiques sur des extraits réarrangés du trio en E flat opus 100 de Frantz Schubert. Le mariage entre cette mélodie mélancolique et les magnifiques images de la scène finale dans laquelle Deneuve se bat avec les spectres au milieu des voiles et des pigeons est particulièrement fort et marquant. Notons aussi un morceau du groupe Bauhaus lors de la scène de la boîte de nuit. Musique froide de rock gothique synthétique représentative de l’époque et qui s’accorde bien avec l’ambiance du film. Globalement, et sans avoir jamais rencontré un énorme succès populaire, cette BOF est d’un excellent niveau en elle-même, et se marie parfaitement avec les images. Le film, quant à lui, a très bien vieilli jusqu’à acquérir le statut tant galvaudé de « culte ». Je dirais qu’il s’agit d’un chef d’œuvre du genre « vampire », voire, peut-être, d’un chef-d’œuvre tout court.

 

 

 

 

 

 

Festival du Polar-Villeneuve-lez-Avignon

Festival du Polar-Villeneuve-lez-Avignon

Le Festival du Polar-Villeneuve-lez-Avignon fait son cinémaMes pas foulent le sol de l’allée des mûriers. Devant moi se dresse  La Chartreuse, un bel edifice, imposant, presque intimidant.  Le Festival du Polar-Villeneuve-lez-Avignon fait son cinéma, mais ici, pas de starlettes, pas d’indics ni de proc. Et pourtant, les victimes se ramassent à la pelle, allongées en pile rectilignes sur les stands des auteurs.

La grille ouverte, menant à La Chartreuse, a été sommairement transformée en une sorte de café théâtre flanquée de son affiche sur fond rouge, comme un avertissement. Le spectacle continue dans les jardins avec des scènes de crimes sur banderoles jaunes, écriture noire .

Le roman noir a planté son décor.

Mes pas glissent de marche en marches jusqu’à l’entrée. Montrer pattes blanches et présenter son sac à main, ouvert, aux agents de la sécurité. Ça ne rigole pas. En tout cas, pas eux.

Depuis 2005, chaque premier week-end d’octobre et ce, pendant trois jours, la ville de Villeneuve lez Avignon invite une cinquantaine d’auteurs de romans noirs à venir rencontrer leur public, transmettre leur passion, dédicacer leurs livres dans les salles, les jardins et les cloîtres de la Chartreuse pontificale du Val-de-Bénédiction, fondée au XIVème siècle. Cette année, le  douzième millésime du Festival du Polar a remporté un joli succès. L’occasion aussi de décerner le Prix des Lecteurs à Colin Niel, pour son polar « Obia », publié aux éditions du Rouergue.

De nombreuses animations parallèles à ce festival du Polar,  sont proposées, tels qu’expositions, jeux, cinéma, ateliers, spectacles, tables rondes.

Une table ronde ayant pour sujet « Le roman noir dans le décor », animée par Hervé Claude, avec Pascal Dessaint, Xavier-Marie Bonnot et Franck Bouysse, a particulièrement retenue, mon attention.

Pascal Dessain dans «Le chemin s’arrêtera là » trouve sa trame dans les laissés-pour-compte de notre époque, la fragilité des êtres et la confusion des sentiments. Sur fond de questions sociales, dans un paysage industriel lourd et moribond, la nature reprend inexorablement ses droits, illustrant la faillite d’un modèle industriel.

Xavier-Marie Bonnot dans « La Dame de Pierre » l’accent est mis sur l’atmosphère taiseuse des gens de la montagnes. Il est question de courage, d’ouverture, de tolérance, d’oser s’accepter soi-même et surtout, d’accepter l’autre tel qu’il est.

Plus que le décor et paradoxalement, ce qui est remarquable chez Franck Bouysse, c’est son style dans son nouveau roman «  Grossir le ciel » . Loin d’être sobre, économe, resserré, comme dans la plupart de ces précédents romans, il nous surprend par son écriture qui apporte de la lumière dans un décor d’une terrible noirceur.

Le roman noir,  une intrigue, une mise en abîme sociétale, mais aussi, et surtout, un décor, personnage à part entière du polar, tout comme la bande originale d’un film est indissociable de ses acteurs.

Festival du Polar-Villeneuve-lez-AvignonAvec « Les mâchoires du serpent » de Hervé Claude, on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement entre crimes et pratiques ancestrales aborigènes d’Australie, pays où il vit désormais. Hervé Claude nous dépeint avec une grande acuité le portrait d’une Australie riche de ses contradictions, ultralibérale, conservatrice, violente et pourtant terre d’accueil.

À la suite de cette table ronde, Hervé Claude, a pris mon bras pour m’emmener à la découverte de son nouveau roman: Crystal City.

« Il y a une mine, au nord-ouest de l’Australie, où un meurtre a été commis. Mais ce meurtre n’était qu’un des nombreux symptômes d’une maladie en train de se répandre comme une peste sur tout le pays. »

Le Festival du Polar-Villeneuve-lez-Avignon

La section « Illustrés » et BD du Festival du Polar-Villeneuve-lez-Avignon fait le plus grand bonheur des petits et des grands.

En signe de reconnaissance, les auteurs dédicacent leurs ouvrages à grands coups de crayonnage pour leurs fans. Les artistes ne lésinent  pas avec leur générosité graphique . Des chefs d’œuvre, leurs dessins croqués sur le vif et personnalisé pour leurs fans. Ils ont un sacré talent ces artistes.

Et pour conclure, j’ai essayé de vous faire partager mon enthousiasme pour cet événement, rendez-vous incontournable des amoureux du polar, et vous incite à venir en 2017 pour la découverte de sa treizième édition du Festival du Polar-Villeneuve-lez-Avignon.

 

 

 

 

 

 

Killer Zoom Zoom

Killer Zoom Zoom

Tout en écoutant en boucle « Killer Zoom Zoom » de Charlélie Couture, je regardais fixement ma tasse de thé. Une petite voix murmurait à mon oreille, « Je, Tue, il ou elle. »

Killer Zoom Zomm.  Un Jeu de passe passe sémantique dans un mode sans pitié. L’univers urbain devint un terrain de chasse pour Greg. Il affûte sa corde, sainte éthique du killer en série.

Killer Zoom Zomm

 

Ça fait un drôle d’effet  de tremper sa plume dans une encre masculine.

J’avais l’impression d’être orpheline de mon Yin.  Mon Yang naviguant dans cette intrigue entre un Greg déshumanisé et Edy, ce bon chien par lequel tout arrive.

Le pire, comme le meilleur.

Ce fut beaucoup plus simple que je ne le pensais d’écrire  « la saison 1»  de : Je suis un Serial Killer heureux, m’amusant entre deux tasses de thé des  wouaf-wouaf de mon p’tit Bandit et de son trio de concertistes improvisé avec les coussins du canapé.

Au sud de la frontière du Lubéron et des contreforts du Mont Ventoux, Greg nous emmène dans cette balade  de l’impossible.  Il se dévoile  et nous délivre une méditation caniculaire sur ce bipède en quête de vérité.

En ce sens, Greg réussit un défi qu’il s’est lancé, c’est à dire, un marathon pour donner une sépulture décente à Edy , ( Il était trop tard pour l’adopter et, bizarrement, trop tôt pour s’attacher à lui.) ce chien qui va changer sa vie. Cédant à une pulsion criminogène, il va devenir meurtrier et coureur de fond, utilisant toujours la même corde et tenant régulièrement son carnet de route.

Le texte suit la progression des notes du tapuscrit de Greg,  se consacrant pleinement aux débuts de sa carrière de « serial » autant qu’à ses rebondissements inattendus. De ses exploits ou de ses échecs, rien n’est laissé de coté dans ce Serial Killer ! Pas même sa carrière d’écrivain, malgré lui.

Je suis un Sérail Killer Heureux

Trame :

Greg, « nègre » marseillais spécialisé dans les biographies de personnalités, voit sa vie chamboulée lorsqu’un automobiliste écrase un chien errant sur le Cours Lieutaud. Décidé à lui offrir une sépulture décente, il trouve un coin tranquille près l’Isle-sur-la-Sorgue. A la suite d’une querelle avec un paysan mal embouché, Greg tue ce dernier d’un coup de pelle et rentre à Marseille sans avoir enterré le chien qu’il appellera Edy. Sans trop savoir pourquoi: Edy. Sans doute une vague réminiscence du film éponyme dans lequel François Berléand jouait magistralement le rôle d’un courtier en assurance au bout du rouleau et qui arborait une mine de chien battu des plus convaincantes.  « Il a eu une fin affreuse, se dit-il en s’enfonçant dans le fauteuil. Encore aurait-il fallut que la mort puisse être douce ou agréable, enfin, un de ces sentiments paisibles qui précéderait la torpeur terminale. La mort lui apparaissait, à bien des égards, comme l’épilogue bâclé d’une pièce mal écrite et encore moins bien interprétée.

La sonnerie du téléphone le tira de ses méditations et la voix qu’il entendit à l’autre bout du fil ne fit que conforter sa misanthropie galopante. Il leva les yeux au ciel et se contenta d’éructer quelques onomatopées de circonstance. »

Le meurtre du paysan fait naître en Greg un désir irrépressible : devenir le premier tueur en série de la cité phocéenne. Plusieurs « sans abri » sont assassinés une nuit d’été. Les journaux s’emparent très vite de l’affaire du Serial Killer marseillais. Greg savoure son triomphe jusqu’au jour où un homme se rend à la police et prétend être le Killer que tout le monde recherche. Touché dans son orgueil, il décide de commettre le meurtre ultime, soigneusement mis en scène dans le plus pur style gore, afin de récupérer la paternité de son travail.

Une éditrice qui avait jusque là refusé tous ses manuscrits, accepte sa nouvelle œuvre, un roman tiré de ses meurtres en série. Le succès de librairie est au rendez-vous et Greg décroche le prix Goncourt.

Tout au long de son périple, un homme d’une soixantaine d’années, d’abord croisé dans un resto de l’autoroute A7, surgira de nulle part afin de lui prodiguer de bons conseils. Greg le surnommera « Le cow-boy » de l’auto-grill ».

À court d’inspiration, Greg constatera non sans humour que son éditrice publie tous les manuscrits rejetés au cours des années précédentes. Il se retire dans un mas provençal et adopte un chien qu’il nommera Edy, en hommage à son compagnon de route défunt.

Le parcours hautement burlesque de Greg prendra un jour nouveau dans la saison 2 alors qu’un « copy cat » défrayera la chronique.

 

 

 

Entre macadam et garrigues

Entre macadam et garrigues

Entre macadam et garriguesEntre macadam et garrigues, Guimauve, chiot vagabond, rencontre dans mon roman Macadam-garrigues, une famille insolite et bienveillante.

Dans Macadam-garrigues, le testament d’Émile comme fil d’Ariane.

 À  condition de pouvoir, parfois, s’en éloigner un tant soit peu, batifoler dans les près, jouer avec les jolies fleurs des champs, parler à un caillou… À pas de loup, il se faufile en biais jusqu’à une habitation, un mas d’où ne filtre aucune lumière. Il s’inquiète des bruits étranges, des sons de voix qu’il ne connaît pas, de ses propres pas crissant sur le gravillon, de son ouaf-ouaf aplati au fond de sa gueule. Il a faim et soif, ses pattes l’abandonnent mollement, il se pelotonne en chien de fusil au creux de la moelleuse douceur du tapis-brosse d’entrée et s’assoupit.
Guimauve, ce p’tit bandit, a quelque chose du « Clochard » amoureux de « la Belle ». Lui tripatouiller entre deux doigts le poil dru de ses oreilles ? Pas gagné ! Une main, légère pour ne pas le surprendre, le réveille en sursaut. « Bonne maison, se dit-il ! » Mais tout ça s’est mélangé dans son sommeil. « Tu es sûr de ta destination lui chuchote à fleur de museau la voix rauque de Josie. Alors, si tu en es sûr, il n’y a plus de place ici pour les soupirs ! C’est le petit matin, viens, rentre, moi aussi, j’ai faim, voyons voir dans le frigo, s’il y a de quoi manger … »

Changer de vie

Changer de vie, pas si simple .

Tout commence par un enterrement mais celui d’Émile et de son imprévu bagage, son testament en guise de cadeau d’héritage à Max… induit les personnages de Macadam-garrigues à  changer de vie.

Ceux-ci vont tout mettre en œuvre pour relever le défi !

Un défi que relève  le Sanglier  Littéraire, pourtant Dieu sait quelle  mauvaise réputation à le sanglier pour les chasseurs.

On dit de lui, qu’il a mauvais caractère, mais celui-ci est d’une autre trempe, il a brossé un portrait au poil dans l’univers de Macadam-garrigues.

Vous me direz… les garrigues lui sont familières, de bauges en Bauge et bories, il y promène sa légendaire silhouette de sanglier  et sa truffe infaillible.

Il a bon goût, le bougre, ainsi a-t-il décidé de frotter son cuir sur la reliure de ce titre qui sent bon le midi et les rôles de chacun des protagonistes  retentissants sur l’histoire.

Macadam-garrigues chroniqué par La Bauge Littéraire .

Macadam Garrigue, un titre qui porte la route inscrite dans ses gènes. Celle, mythique, qui permet les grands départs. Celle qui, refusant d’être moyen, se fait but. Et celle aussi qui relie les territoires, les mondes, qui permet de franchir la distance et de faire un trait d’union entre des existences que tout semble, d’emblée, séparer. Mais la route, le trait d’union implicite entre le macadam – Marseille – et la Garrigue – le Lubéron – est surtout un chiffre pour désigner les existences que Patricia Nandes a placées au cœur de son récit. Des existences qui auront à faire face à un défi extraordinaire, celui de se réinventer, de tout remettre en question sans se couper du passé.

Un passé dont elles tirent la légitimation de se transplanter et en même temps la force de le faire.

Une poignée de putes et un auteur aux relents de Bukowski face au défi de se réinventer une existence!
Si la route est donc une sorte de trait d’union entre des existences, la vie, elle, est une parenthèse, une parenthèse ouverte et close par la mort. 

Tout commence effectivement par un enterrement, et tout se clôt par une réflexion à propos du départ, le dernier, celui qui permettra d’embrasser du regard le terrain où des vies se sont écoulées, paisiblement, jusqu’au dernier instant qu’on aura appris à vivre sans amertume :

L’image sera fugace, quelques secondes tout au plus, mais l’idée qu’il s’était fait du bonheur se figera dans un silence de garrigues. (Chap. 32)

Un auteur, une poignée de putes et Émile, le patron du rade du coin, voici l’équipe rassemblée par Patricia Nandes dans une rue de Marseille « qui grimpait des Réformés jusqu’à la Plaine » (Chap. 1). Plus ou moins confortablement installés dans leurs existences de marginaux, ils sauront profiter de l’occasion qui se présente à l’improviste quand la mort, en fauchant Émile, leur tient la main pour leur offrir la chance de faire face à un nouveau défi, celui de se réinventer sans trahir la vie qui les a façonnés.

Une plante arrachée au sol qui l’a fait grandir, peu importe les travers qu’il lui a imprimé, nécessite des soins particuliers afin de reprendre racine. Cela s’applique aussi à la petite troupe qui quitte le territoire familier de Marseille et son espace nourricier pour s’installer en pleine campagne. Une campagne pleine d’une étrange beauté que Patricia Nandes sait peindre avec application sans jamais tomber dans la niaiserie romantique qui prônerait le « retour à la nature ».

Le travail est dur et il faut apprendre un tas de choses dont le citadin a oublié jusqu’à l’existence.

Macadam-garigues

 Avec Macadam-garrigues …Le récit se passe de drames et de retournements et progresse en ligne droite vers une issue qui ne surprend pas vraiment. Mais le roman n’a pas besoin d’une intrigue tordue, ficelée en suivant les recettes à succès des dramaturges hollywoodiens, pour réussir. Le seul drame qui s’y déroule, c’est celui de l’existence humaine avec ses revers, ses retournements et ses surprises qui, s’ils passent largement inaperçus des voisins, n’en bouleversent pas moins celui ou celle qui les vit, tout surpris de constater que la vie, ce n’est pas toujours ce que, bêtement, on imaginait.

On pourrait, par instants, penser qu’il y a comme une douceur sirupeuse qui sournoisement se glisserait dans le récit, menaçant de noyer l’humain sous une couche gluante faite de niaiserie et de – trop – bons sentiments. Mais c’est compter sans la maîtrise de l’auteure qui évite les dérapages et qui ne déroge jamais à son plus noble devoir, celui de peindre des hommes et des femmes rongés par leur condition, toujours sur le point d’être absorbés par le néant qui les entoure et dont seuls les protègent l’amour et l’estime qu’ils portent à leurs semblables.

Macadam Garrigues, c’est le roman d’une aventure profondément humaine, celle de l’amitié et de l’amour, celle d’hommes et de femmes capables de se prendre en main et de se réinventer, capables surtout de tendre la main à leurs prochains pour faire un bout de route ensemble.